Cameroun : Cabral Libii va-t-il trop loin ?

Député, arrivé en troisième position lors de la dernière présidentielle, l’opposant brise un tabou en prônant la suppression des régions et l’instauration d’un « fédéralisme communautaire ». Mais pas sûr que les électeurs, dont il espère remporter les suffrages en 2025, soient prêts.

Au crépuscule de la présidence Biya et à l’ère du complotisme triomphant, Cabral Libii ne laisse pas indifférent. Avec son profil de gendre idéal, il est trop lisse pour être honnête. Il y a d’abord ce prénom, choisi par ses parents en hommage à Amilcar Cabral, le révéré père de l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert en clin d’œil à l’inconscient anti-colonial. Puis son nom, dont l’homophonie rappelle la Libye, pays martyr par excellence – selon les théories de la sphère francophobe – depuis la calamiteuse intervention militaire occidentale qui a abouti à la mort de Mouammar Kadhafi. Il y a enfin son livre, dont la couverture met en scène un homme jeune et avenant en costume sombre, au collier en ivoire, entre tradition et modernité.

De quoi conforter ses détracteurs prompts à lui coller l’étiquette d’un pur produit marketing. C’est fort de ce préjugé peu favorable qu’il a été accueilli le 3 mars dernier au 57 bis de la rue d’Auteuil, à Paris, flanqué d’une demi-dizaine d’accompagnateurs qui le suivent dans la tournée de promotion de cet ouvrage publié il y a quelques mois aux éditions Dinimber et Larimber : Le Fédéralisme communautaire.

Un titre qui aurait pu aggraver le cas de cet universitaire de 42 ans tant l’association de ces deux gros mots fait bondir. Le député du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), arrivé en troisième position à la dernière présidentielle avec 6,2 % des voix, présente son essai à la tonalité pédagogique comme une « offre politique » qu’il se propose de mettre en place quand il aura conquis le pouvoir suprême après le départ de Paul Biya.

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